Le chien de ma vie
«Mr Morin, le chien que vous m’avez dressé est extraordinaire, c’est le chien de ma vie».
C’est un monsieur qui m’a donné un chien en dressage, un setter anglais qui était vraiment doué, un super chien.
Il chasse avec pendant un an, 2 ans, 3 ans et quand le chien arrive à 5 ans, son intérêt est de le faire saillir pour prendre la relève avec un de ses fils. Donc, il fait saillir le chien et récupère un beau chiot, un beau croisement avec une belle femelle, et m’envoie ce chien-là en dressage quand il a 15 mois.
Cette personne me demande «mais ce chien, il va être bon ? De toute façon ce n’est pas possible, il ne sera pas aussi bon que son père, c’est le chien de ma vie, c’est impossible que son fils soit aussi bon. Vous me direz ce que vous en pensez au bout de 15 jours, Mr Morin». «D’accord, parfait».
Il me téléphone au bout de 10/15 jours et je lui dis que j’ai l’impression qu’il a des qualités de base au moins aussi bonnes que son père. « Ce n’est pas possible qu’il soit aussi bon» me répond son propriétaire. «Ah bon, mais il ne faut pas idéaliser votre chien et rabaisser votre petit, le fils de votre chien, il ne faut pas faire ça, il faut laisser les jeunes s’exprimer». «C’est le chien de ma vie, ce n’est pas possible qu’il soit aussi bon que son père, il est extraordinaire, ce chien-là». Je continue le dressage, il me retéléphone une dizaine de jours plus tard, je lui dis : «à mon avis, il sera au moins aussi bon que son père». «Ce n’est pas vrai, ce n’est pas vrai», il me répond au téléphone. Il vient chercher le chien au bout d’un mois et demi de dressage et je reconfirme : «mais votre jeune chien, il sera minimum aussi bon que son père, et avec l’expérience, encore meilleur». «Ce n’est pas vrai, vous vous trompez, Mr Morin». «Très bien, d’accord, je me trompe, mais vous me demandez mon avis, je vous le donne».
Il chasse avec pendant un an, 2 ans, 3 ans et quand le chien arrive à 5 ans, son intérêt est de le faire saillir pour prendre la relève avec un de ses fils. Donc, il fait saillir le chien et récupère un beau chiot, un beau croisement avec une belle femelle, et m’envoie ce chien-là en dressage quand il a 15 mois.
Cette personne me demande «mais ce chien, il va être bon ? De toute façon ce n’est pas possible, il ne sera pas aussi bon que son père, c’est le chien de ma vie, c’est impossible que son fils soit aussi bon. Vous me direz ce que vous en pensez au bout de 15 jours, Mr Morin». «D’accord, parfait».
Il me téléphone au bout de 10/15 jours et je lui dis que j’ai l’impression qu’il a des qualités de base au moins aussi bonnes que son père. « Ce n’est pas possible qu’il soit aussi bon» me répond son propriétaire. «Ah bon, mais il ne faut pas idéaliser votre chien et rabaisser votre petit, le fils de votre chien, il ne faut pas faire ça, il faut laisser les jeunes s’exprimer». «C’est le chien de ma vie, ce n’est pas possible qu’il soit aussi bon que son père, il est extraordinaire, ce chien-là». Je continue le dressage, il me retéléphone une dizaine de jours plus tard, je lui dis : «à mon avis, il sera au moins aussi bon que son père». «Ce n’est pas vrai, ce n’est pas vrai», il me répond au téléphone. Il vient chercher le chien au bout d’un mois et demi de dressage et je reconfirme : «mais votre jeune chien, il sera minimum aussi bon que son père, et avec l’expérience, encore meilleur». «Ce n’est pas vrai, vous vous trompez, Mr Morin». «Très bien, d’accord, je me trompe, mais vous me demandez mon avis, je vous le donne».
Donc il va chasser et au bout d’1 mois et demi il me téléphone : «Ah ! Ah ! Mr Morin ! Mr Morin ! Vous vous êtes trompé, il n’est pas aussi bon que le père, ce n’est pas vrai, il est en dessous. Il est bon, c’est vrai, mais il arrête, il rapporte, mais le père c’est une vedette, ça n’a rien à voir. Il y a 2 classes au dessus». Je lui dis : «Ecoutez, je suis désolé, mais je suis quand même content de m’être trompé parce que ça prouve que je ne connais pas tout, mais il y a une chose que je tiens à vous dire, c’est qu’au fil du temps qui passe, j’ai tendance à me tromper de moins en moins souvent et j’espère me tromper encore longtemps». Alors la conversation se termine et pas de nouvelles de la personne pendant 2/3 ans.
Au bout de 4 ans, le monsieur me téléphone : «Oh ! Mr Morin, excusez-moi, vraiment, je me suis trompé». «Quoi, sur quoi ? » Je ne me souvenais plus de cette histoire-là il y a 4 ans. Le père est mort à 10 ans. A la mort du père, le jeune chien (qui avait 5 ans) qui était toujours dans l’ombre de son père en chassant ensemble pendant 4 ans, s’est exprimé. Il a explosé, toutes ses qualités se sont révélées. Il est devenu meilleur que son père, d’après le conducteur. J’en déduis que le jeune chien était dans l’ombre de son père parce qu’il y avait une explication de caractère entre le père et le fils. Le père avait un comportement sur le fils qui lui faisait peur et le fils ne voulait pas égaler le père et c’est la raison pour laquelle il ne s’exprimait pas. Et ça, ça arrive bien souvent.
Quand on veut faire s’épanouir un jeune chien, lorsqu’on a un chien d’expérience, c’est bien de faire sortir le chien d’expérience pour donner la façon de chasser, pour entrainer le jeune, mais une fois que le jeune s’est déclaré, pour lui donner une certaine notoriété et un certain opportunisme, il faut le sortir tout seul.
J’ai encore le cas d’une personne qui m’a téléphoné pour me donner des nouvelles d’un chien que je lui ai vendu. Et bien, il ne comprend pas que son chien ne fasse pas de progrès à la ronce. Je lui demandais s’il le sortait tout seul ou avec un autre chien. En fait, il le sortait avec son vieux chien que je lui avais vendu 6/7 ans auparavant. Et c’est vrai que un jeune chien qui chasse avec un vieux chien, il fait des politesses au vieux chien, ou il laisse le chien s’exprimer, ou alors le jeune chien passe devant le vieux chien et alors il va trop loin : quand un jeune chien est bien déclaré, il faut le sortir tout seul pour qu’il s’exprime.