Il n’y a pas vraiment de mauvais chiens
Il y a beaucoup plus souvent de mauvais maîtres que de mauvais chiens :-)
Il y a beaucoup plus souvent de mauvais maîtres que de mauvais chiens. Je peux vous citer plusieurs exemples :
1°) L’exemple de Brenda, une chienne qui était surdouée, qui arrêtait les perdrix à 3 mois ½ -4 mois, les perdrix et les faisans, qui rapportait bien. Un jour elle a suivi un faisan et a bloqué ce faisan. Il a décollé et comme il ne pouvait pas aller en face (il y avait un talus, un rideau de ronces et brindilles impénétrables) alors que la petite chienne était encore à l’arrêt sur le faisan, le faisan est revenu vers la chienne et en passant, la chienne avança un peu la tête et le faisan lui donna un coup d’aile qui lui fit mal à l’œil. Alors que cette petite chienne avait arrêté une quinzaine de fois admirablement bien, elle a eu mal avec l’aile du faisan qui s’est envolé. Elle a pris peur du faisan. Si je n’avais pas remarqué cette chose-là, si je n’avais pas pris la chienne délicatement les semaines qui ont suivi, si j’avais attendu 2/3 mois avant de la ressortir, si je l’avais laissée dans cet état-là, elle aurait été perdue à jamais comme ça s’est produit plusieurs fois avec plusieurs de mes bons chiens dans ma carrière. Des chiens qui auraient été bons s’ils avaient eu la chance de ne pas avoir soit un faisan qui leur avait fait mal, soit le bang d’un avion qui vole au moment où il se fait avoir avec une décharge électrique. Il y a des facteurs extérieurs qui font que certains chiens ont de la chance et d’autres moins. Mais si on met toutes les chances du côté du chien, c’est rare, rare, rare, très rare qu’il y est un mauvais chien.
2°) Là, par exemple, je peux vous citer encore le cas d’un chien qui était très, très, très bien équilibré quand il était petit. Il sautait sur les gens, partout, et à 4/5 mois je les faisais courir 2 par 2 dans les bois et ce jour-là, j’avais décidé de les prendre 4 par 4. J’étais dans un bois loin de toute route, tout chemin. Ils sont partis comme des petits fous à 100/200 m et je les ai perdus de vue dans les bois. Au bout d’un moment, un des chiens est revenu puis un deuxième. Il en restait encore deux sur le terrain. J’ai donc ramené les deux chiens qui étaient revenus au véhicule puis j’ai cherché les deux autres. Je suis revenu le soir, le lendemain matin, puis finalement le lendemain après-midi un troisième chien est rentré. Il n’en manquait plus qu’un. C’était le plus valide, le plus sympa, le plus motivé, le mieux équilibré.
A proximité du bois, il y avait un élevage de canards et autour de cet élevage il y avait une protection électrique à courant alternatif. J’ai demandé et la personne qui s’occupait de cet élevage m’a dit qu’il y avait un chien qui rôdait à proximité de ses canards. Il a crié sur le chien parce qu’il craignait que les canards soient épouvantés et le chien a pris une décharge électrique. Le chien ayant pris la décharge et entendu le monsieur (un étranger) crier en même temps, il est parti. 4 jours après (il est resté 4 jours dans la nature), en sillonnant et à force de demander (on ne le voyait pas ; finalement le chien était parti se cacher comme un animal sauvage dans le bois de Coat-Callac), à un moment donné, je vois une tache blanche qui sort du bois. Je me dis «C’est mon Valy !». Je me rapproche tout doucement et j’arrive à 50 m de lui. «Ah ! Impeccable, j’ai récupéré mon Valy». Je tape dans les mains. «Viens, mon petit chien». C’était un chien qui était super équilibré. Il est parti comme un fou, comme un renard. Peur, peur, peur, il est parti. J’étais stupéfait qu’il ait peur de moi, c’était un chien super sympa. Je cherche, je cherche et je le vois dans une clairière. Je l’appelle, il repart de plus belle. Je rentre au chenil distant de 4/5 kms. Le lendemain, je ne le vois pas. Le surlendemain, j’étais en train de sortir des chiens près du chenil, et, de mon véhicule, je vois mon petit Valy sur la route. Oh là là ! J’ouvre la porte et délicatement, sans me faire voir, j’essaie d’aller doucement vers lui pour me rapprocher. Le chien me voit, il se rue sur moi, il saute dans mes bras en me léchant, alors que quelques jours auparavant il était peureux comme un renard.
Donc, il est revenu à proximité de mon chenil et dans le contexte du chenil, personne ne lui a jamais fait de mal, il est en sécurité. Il est redevenu très sympathique, très sociable à mon contact et au contact des gens qui sont dans la nature. En fait, il a fait la relation qu’il était à l’extérieur avec des gens qu’il ne connaissait pas, loin du chenil. Il pensait que c’était des gens méchants qui lui faisaient du mal. En plus, chez le monsieur qui avait l’élevage de canards il a pris une décharge électrique.
Donc, il y a des facteurs extérieurs. Ce chien-là, 2 jours auparavant, on aurait pu croire qu’il était fou. C’était un toquard à ce moment-là alors que c’est un chien que je vais présenter en field, il va être trialisé. C’est un super chien, ce Valy !














