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L’ANIMAL LE PLUS DENATURE DE LA TERRE : L’HOMME

Le chasseur ou les utilisateurs de chiens font toujours les mêmes erreurs. Ils se servent du commandement quand ils en ont besoin, j’irai même dire au dernier moment.

De l’art du commandement … personnalisé

Le  commandement doit être préparé et entretenu avant d’être utilisé, mais surtout, surtout il doit être personnalisé.

Personnalisé, ça veut dire que si on donne un commandement à un animal lorsqu’il a fait une petite bêtise, lorsqu’il revient à proximité, si on ne l’attache pas et bien le chien vous domine. Et s’il vous domine à 2-3 mètres de vous, ce n’est même pas la peine de lui édifier un commandement à -30-50 mètres, il reviendra quand il voudra. Il faut prendre le chien en laisse, le maîtriser, lui inculquer une petite brimade, en l’occurrence vous prenez un fouet et vous frappez fort par terre, pas sur les fesses, pas sur le chien, par terre en lui faisant comprendre que les prochaines fois ou s’il recommence 2-3 fois peut-être qu’il aurait un coup de fouet sur les fesses. Il n’est pas nécessaire de fouetter un chien sur les fesses, vous fouettez par terre pour sensibiliser les chiens. Et quand vous fouettez par terre, votre chien est en laisse et votre main tient la laisse. Après, il faut marcher avec le chien pendant 20-30 mètres. Parce que les chiens c’est comme les hommes, quand on lui fait une remarque ils ont un sentiment de révolte à ce moment-là.

Gérer sa période de révolte …

 

Imaginez. La plupart des hommes, quand ils grillent une priorité à droite en conduisant, se font klaxonner par l’automobiliste qui avait la priorité. La première réaction de l’homme : 90% pensent (excusez-moi l’expression) « quel con ce gars, qu’est-ce qu’il a à klaxonner ? » C’est comme ça que l’être humain résonne et réagit et tous les animaux de la terre réagissent ainsi. Imaginez que le conducteur qui est en tort et qui a eu cette réaction en disant « quel imbécile, il m’embête celui-là, il me klaxonne » il va faire 300-400 mètres en conduisant et va se calmer, il va analyser le problème et s’il est normalement intelligent il va dire « pourquoi l’ai-je traité d’imbécile, c’est lui qui avait raison et il a priorité ». A ce moment-là vous devenez raisonnable au bout d’une  minute. Le chien quand on lui fait une remarque, qu’on fouette par terre avec une laisse, il devient raisonnable au bout d’une minute. Donc, marchez pendant une minute avec le chien en laisse. Au bout de ce temps, il sera raisonnable et vous lui donnez une chance de se rattraper en lui donnant un commandement (par exemple : chut et attends). Lorsqu’il sera plus calme, il aura 100 fois plus de facilité pour exécuter ce commandement. Il sera en laisse et exécutera ce commandement-là et vous le caresserez pour lui donner une chaleur et vous le mettrez dans le droit chemin, vous lui ferrez oublier le mauvais geste, la brutalité que vous avez fait  30 mètres avant puisque vous avez marché avec le chien en laisse. Si vous ne mettez pas le chien en laisse quand vous lui faites une réprimande, le chien va partir en désordre, va s’énerver contre lui et vous, va se révolter et ne sera pas sous votre domination. Il va partir en colère contre vous et vous ne pourrez pas le saisir, vous allez dans l’orientation du dé-dressement, le chien se dé-dresse, il se fiche de vous. Au bout de 15-20 secondes qu’il soit parti il ne sera pas spécialement fier de lui, il va revenir ensuite vers vous, il va être un peu énervé, un peu contrarié et vous, lorsque vous allez voir venir le chien vers vous après l’avoir appelé 15 fois , vous ne lui direz rien mais le chien va sentir que vous n’êtes pas fier de lui (il a le sens de l’observation très développé). Il y aura une ambiance malsaine entre vous et le chien et c’est la course à la désobéissance, la course à l’intolérance, la course au désordre, la course à tout, la course à la bouderie.

Des chiens manipulés, en conflit avec leur maître  …

Tous les chiens qui ont malheureusement un maître qui réagit ainsi, comme réagissent la plupart des gens, comme j’ai réagi au début de ma carrière, sont en conflit avec leur maître. C’est dans la nature humaine, on n’y changera rien mais chacun son métier, et de par mon métier j’aimerais essayer de mettre les gens sur la bonne voie tout simplement. Lorsqu’un chien est en conflit de ce genre avec son maître, à un moment donné il est agacé, quand il est à 20-30 mètres et qu’il a l’occasion de partir dans un champ dépourvu d’obstacles naturels, un champ en pâture par exemple, il va partir en pointe. Vous allez le rappeler, le rappeler, il ne va pas revenir. Il partira parce qu’il en a marre, il sera énervé. A un certain moment il va revenir nonchalamment. Puisqu’il revient, vous ne dites encore rien. A la limite, ce chien-là, quand il va revenir vers vous, vous sentant énervé parce que vous aurez transpiré, vous aurez crié, il va se mettre dans vos bottes à ne plus chasser.

C’est le comportement de la plupart des chiens qui sont manipulés de la sorte. Je dis manipulés et non maltraités, je le faisais au début de ma carrière, c’est une réaction humaine. J’avertis doublement les gens qui ont tendance à le faire et 90 % des gens ont tendance à le faire, ne pas personnaliser le commandement.

Ma chienne s’éloigne et je ne sais pas comment la corriger…

Il y a une personne qui est venue l’autre jour (plusieurs cas de ce genre se produisent chaque année) : « M. Morin, la chienne que vous m’avez vendue est très, très bonne, elle arrête, elle rapporte, elle chasse bien. Mais quand elle voit une grande plaine, elle fiche le camp à 200 mètres. J’appelle pendant 4-5 minutes, elle revient quand elle veut. Quand elle est revenue, je ne la fouette pas, surtout pas.  « Puisqu’elle est revenue, j’essaie de la faire chasser et elle reste dans mes bottes ». « Normal, normal, c’est une réaction normale ».

Tout d’abord, utilisons une laisse correcte.

Je fais venir le monsieur, il voulait peut-être me faire un cours de dressage ! Je l’écoute, je ne veux pas mourir idiot quand même … Je demande au monsieur de me montrer sa chienne « Lâchez votre chienne, monsieur, s’il vous plait ». Il prend la chienne en laisse. D’abord, d’abord, il avait un petit avorton de laisse parce que la plupart des chasseurs n’ont pas de laisse correcte dans leur gibecière. C’est la principale chose qu’il faut avoir quand on a un chien pour pouvoir le reprendre au commandement lorsqu’il a mal fait, comme je l’ai expliqué précédemment. Donc, il a un avorton de laisse de 50 cm « Mettez-lui la laisse » Le monsieur ouvrait le coffre de la voiture et la chienne est partit en désordre comme  il  semblerait  à son habitude. Il commençait mal. Je lui redemande de mettre la laisse. Il s’exécute.

Commencer par un commandement d’assouplissement

Je demande de lâcher la chienne. Elle part sans commandement d’assouplissement. La première chose qu’on fait quand on sort un chien au début, adolescent, pour un parcours, on l’immobilise : « chut, assis », on retire la corde du cou et on lui donne l’autorisation de partir. Si on n’est pas capable de faire ça, ce n’est pas la peine d’essayer  de faire obéir un chien à 5 mètres. Parce que si on n’est pas capable de le faire obéir à 50 cm, ce n’est pas la peine de prétendre à essayer de le faire à 50 mètres. Déjà je lui demande d’immobiliser la chienne et de demander à la chienne d’attendre son commandement. Il n’est pas arrivé à le faire. A ce moment-là je suis intervenu. J’ai appelé la chienne et j’ai essayé de l’immobiliser. Le monsieur me dit « Mr Morin, même à vous elle n’obéit pas ». Ce n’est pas avec un coup de baguette magique que je vais arriver à rétablir la situation d’un chien qui a été mise en désordre pendant 2-3 mois. Je ne peux pas le faire en 2-3 minutes.

Faire mine de changer de camp

 

Ce que j’ai fait : étant donné que la chienne était déjà hors la main la première seconde, je l’ai appelée, elle n’est pas venue. J’ai fait mine de changer de champ. Automatiquement, elle est arrivée à l’endroit où je prenais le chemin pour traverser le talus. Là, elle s’est approchée à 1 mètre de moi. J’ai pris la chienne. Qu’est ce que j’ai fait ? Comme d’habitude, comme toujours, j’ai mis la laisse, je me suis écarté du talus, j’ai pris mon fouet dans ma gibecière (les gens n’ont pas de fouet non plus …) et j’ai frappé fort par terre, pas sur ses fesses mais par terre, l’air de dire le prochain coup, tu l’auras sur les fesses. Après j’ai marché pendant 20 ou 30 mètres, la chienne s’est révoltée contre moi puisque j’ai fouetté par terre, j’ai grondé, j’ai attendu qu’elle se calme. Quand elle s’est calmée, au bout de 20 ou 30 mètres, je lui ai demandé de s’immobiliser. Elle s’est immobilisée, « chut, attends », j’ai enlevé la laisse de son cou, je lui ai demandé de rester immobile. Elle m’a obéi, elle s’est dit que la prochaine fois elle aurait le coup sur les fesses.

Pourquoi crier, pourquoi fouetter son chien ?

Ca ne sert à rien de crier, ça ne sert à rien de gronder. Fouetter à côté, c’est très efficace à  condition  que  chienne  soit  en  laisse. A la limite, si le chien résiste, peut-être au bout de 3-4 fois on pourrait le fouetter un peu sur les fesses. Je dis bien peut-être, mais je ne suis pas partisan pour trop fouetter les chiens, il faut le faire un peu quand même certaines fois. En tous les cas, ce n’est pas ça qui rendra un chien peureux, ça, je suis formel. Ca fait 50 ans que j’élève des chiens, ce n’est pas en les fouettant ou en fouettant par terre qu’on va faire peur à un chien si c’est mérité. Par contre, en le harcelant comme je viens de vous l’expliquer : OUI. Alors, la chienne part, impeccable et à un moment donné je fais remarquer au maître : « elle vient de droite, elle part sur la gauche et elle me donne un coup d’œil. Déjà, elle est en contact, elle est en harmonie avec moi, le courant commence à passer » Elle part en embardée sur la gauche, je ne l’appelle pas (quand un chien part en embardée, il ne faut pas l’appeler s’il n’est pas  parfaitement  dresse, c’est comme un cheval emballé, ça ne sert à rien.) Si vous voulez avoir la maîtrise du chien, à ce moment-là, quand il revient vous le prenez en laisse, vous fouettez par terre et vous marchez 30 ou 40 mètres. Eventuellement, après, vous dites : « viens, viens » et vous lui faites un petit câlin, vous enlevez la laisse et vous relancez. Moi, je ne fais que ça à longueur de temps. Ce n’est pas compliqué. Je n’ai aucun chien qui résiste, il n’y a aucun chien vraiment têtu au point de désobéir, ça n’existe pas .Il n’y  à  que  des  chiens contrarié et  qui  se  vengent  en  désobéissant et  qui  peuvent  devenir déséquilibrés comme une  personne en  échec.

Le coup de sifflet

Après, la chienne a continué à chasser normalement, elle a arrêté, très bien, une fois, deux fois, très bien. Puis le monsieur me demande : « si on allait dans un grand champ ? »  « D’accord. » « Vous allez voir, elle va partir comme une folle, vous allez l’appeler, elle ne va pas revenir. » Elle part à 100-150 mètres. J’appelle la chienne au sifflet, elle fait ½ tour et revient vers moi. En fait le coup de sifflet ce n’est pas pour faire venir le chien mais attirer son attention. Lorsque l’attention du chien est attirée, à ce moment-là je me déplace sur le côté. Il fait mine de changer de direction, donc j’aspire la venue du chien. Un coup de chance, la chienne a fait ½ tour. Je pense que je l’avais bien connectée avec le coup de fouet que j’ai donné par terre préalablement. Si je n’avais pas fait ça, j’aurais beau avoir appelé, crié, j’aurais pris un haut-parleur, elle n’aurait pas bougé d’un poil, elle serait partie à 200 mètres, c’est sûr.

Après, on va dans la plaine. C’est vrai qu’elle a tendance à aller au loin. Quand un chien part au loin, il ne faut pas l’appeler, c’est l’inciter à partir. L’APPELER, C’EST L’INCITER A PARTIR. Plutôt, si le chien va à gauche, allez à droite, s’il va à droite, allez à gauche, vous franchissez un talus et le chien a tendance à revenir à ce moment-là. Il faut essayer de l’amadouer en le conditionnant à revenir vers vous et non pas en l’empêchant de partir.

Toujours finir par un câlin

 

Après on s’est déplacé. A aucun moment la chienne est restée dans mes bottes, la relation étant franche et nette : tu désobéis, tu prends les risques de désobéir mais quand tu reviens tu prends un petit coup de fouet par terre, je te laisse une chance de te rattraper après avoir fait 20-30 mètres en laisse et « viens, viens, viens ». Et je termine par un câlin. Il faut toujours finir par un câlin. Très bien, on passe la route. Le parcours s’étant très bien passé, je demande au monsieur : « Prenez la chienne, vous marchez 20 ou 30 mètres et vous la lâchez. » Il s’exécute, je lui dis : « Donnez-lui la permission de partir, il faut lui donner l’autorisation de partir. Sinon j’ai passé une heure avec vous et c’est une heure de gâchée si vous ne faites pas ça, il faut quand même écouter ce que je dis. Ce n’est pas la peine de dire après que votre chienne ne fait pas ci, ne fait pas ça. Je veux bien passer du temps avec les gens mais je veux qu’ils suivent mes conseils, autrement ce n’est pas la peine. »

Quand le maître est sur de lui

Alors, le monsieur met la chienne assise, enlève la laisse du cou de la chienne, la caresse. Il caresse la joue de la chienne, il se courbe, il fait des grimaces, il touche le chien. A 100 mètres de lui on aurai vu que le maître a peur que le chien désobéisse. Je dis : « Stop, faites quelque chose de clair et net, de correct. Si je vous filme et que je vous montre le film, vous aurez honte. Imaginez qu’un adjudant donne le garde à vous à 30 appelés et qu’il fait des grimaces comme ça, au bout de 2-3 fois qu’il demandera le garde à vous à ces 30 appelés, il n’y en aura plus un seul qui s’y mettra. Quand vous donnez un commandement à un chien, il faut que le chien se rende compte que vous êtes sûr de vous, vous ne faites pas de grimaces. Là, vous faites des grimaces, vous n’osiez pas enlever votre main du cou de votre chienne, vous aviez peur qu’elle parte. Mais non, ce n’est pas comme ça qu’on fait obéir un chien. Vous faîtes obéir un chien à 50 cm, il faut que le chien respecte votre commandement et ça commence de là, ce n’est pas la peine d’aller plus loin. Vous voulez aller à la 4e marche de l’escalier sans vouloir franchir la 2e ni la 3e, même pas la 1ère. Vous voulez franchir les marches 4 à 4, vous allez franchir la 4e marche, la 8e, la 12e et à un moment donné vous allez vous casser la figure en bas, vous ne serez plus capable de monter la 1ère, le problème est là. ».

Ma chienne est timide

Un autre monsieur, très compréhensif, très attentif me téléphone : « Mr Morin, ma chienne a tendance à être un peu timide » « Est-ce qu’il y a une amélioration ? » « Oui, un peu. Elle chasse très bien, elle arrête bien » « Si elle est timide, c’est qu’il y a une ambiance malsaine entre vous et la chienne. Lorsque l’ambiance est pure, claire et nette, simple, la chienne va en s’améliorant régulièrement. , c’est vous qui la créez et l’entretenez. Je pense que la meilleure chose à faire, le meilleur conseil que je pourrais donner aux gens c’est de mettre un sparadrap sur leur bouche. Ils n’arrêtent pas de brailler, ce n’est pas crier c’est brailler. Ils n’arrêtent pas d’appeler, tout dans la parole et rien dans le reste, et la parole c’est rien du tout », tout est  dans  l’intonation ?

J’exagère un peu mais ce gars est énervé et agacé.

Tout est dans l’intonation

La petite chienne qui chasse bien, arrête bien, me dit le monsieur, mais elle m’a bien rapporté les faisans l’autre jour mais sur perdrix, sur 2-3 perdrix à son arrêt, elle revient vers moi, elle ne  rapporte pas bien, elle tourne autour de moi. Très bien. Je réponds tout simplement : « je sais pourquoi » « Ah bon ! » « Ben oui, chacun son métier. Tout simplement je sais pourquoi elle tourne autour de vous. » « Pourquoi l’autre jour elle ne l’a pas fait sur faisans ? » « Je sais pourquoi ! » « Pourquoi ? » « Parce que sur faisans d’une part c’est souvent dans la végétation. Les chiens viennent plus souvent au contact de l’homme  dans la végétation. Et d’autre part, qu’est-ce que vous avez fait lorsque la chienne vous a rapporté les faisans ? » « J’ai pris le faisan et après j’ai caressé la chienne. » « Moi, quand un chien fait le tour, c’est parce qu’il veut garder le gibier dans la gueule en récompense. Si sur les 2-3 chasses que vous avez faites sur faisans, lorsque la chienne est revenue vous donner le faisan, c’est une adolescente, si vous l’aviez mise en laisse ou si vous l’aviez fait marcher pendant 20-30 mètres en laisse avec le faisan dans la gueule, toute fière de l’avoir rapporté parce que c’est l’aboutissement de son travail, c’est la récompense, c’est une adolescente, elle vous l’aurait donné. Je ne vous reproche pas de ne pas l’avoir fait mais je vous donne la solution pour que la chienne vienne directement vous apporter l’oiseau : la chienne va venir vous apporter directement l’oiseau si vous ne l’enlevez pas de sa gueule tout de suite et que vous  la  faite  marcher en laisse  avec  le  gibier  dans  la  gueule quelques  dizaines  de  mètres.

Cela est à faire seulement au début quand la chienne est adolescente, quand elle change de vie, qu’elle n’a pas encore totalement confiance en vous, à ce moment-là d’une part elle sera fière de se promener en laisse et vous, prenant la laisse à la main, la chienne ayant le gibier dans la gueule, marchant assez rapidement en disant « viens, viens, viens » à la chienne en la caressant de temps en temps. Si vous faites ça 4,5,6 fois sur perdrix elle viendra directement se jeter dans vos bras parce que vous n’allez pas lui prendre l’oiseau de la gueule tout de suite, mais si vous lui piquez sa proie à chaque fois des suite, elle va se dire « zut, je ne la ramène pas, je la garde encore un peu. »

Ne générez pas de conflit avec votre chien

D’autre part, quand elle tourne autour de vous, vous l’appelez, vous l’énervez, vous créez un conflit. Lorsque la chienne marche en laisse avec le gibier dans la gueule, si elle est fière, automatiquement elle va se connecter à vous, elle va dans le sens de l’ambiance conviviale, elle ne va pas dans le sens de la timidité, de la crainte, de l’angoisse. Mais si la chienne tourne autour de vous, que vous criez, que vous gesticulez, que vous vous énervez un peu, elle va prendre un peu peur, vous créez une ambiance malsaine et vous faites peur à votre chienne. Ces moments-là elle y pense quand la chasse est terminée, en vie domestique. Moi, quand je jouais au football, je suis désolé, quand il y avait de belles actions de jeu dans une ambiance conviviale, j’y pensais après, le soir et le lendemain et même quelques  jours  après  et  cela  me  faisait  du bien. Donc il n’y a pas de raison que les chiens ne se comportent pas de la même façon, n’aient pas les mêmes réactions que l’homme.

Emue de Keranlouan

L’histoire d’Emue de Keranlouan, qui est une gentille petite chienne, très douée, avec un bon nez, vraiment très bien, une personne du Finistère me l’achète. Il me donne des nouvelles. Très bien. Tout se passe bien. Elle fait des arrêts sur faisans. Cet été il avait repéré une compagnie de perdrix, il avait été sur cette compagnie, tout se passe bien. Moi, je l’avais habituée au coup de fusil, ça allait bien. C’est une chienne qui est un peu sensible, mais sans plus. Le monsieur me téléphone, désemparée 2 mois après l’ouverture de la chasse. Il me dit tout simplement « je ne comprends pas, vous me l’avez montrée, elle n’avait pas peur du coup de feu je lui ai tiré une dizaine  de pièces  sans problème de peur mais là, elle devient timide tout d’un coup alors que je l’ai depuis 3 mois. Je n’avais jamais remarqué qu’elle était timide outre mesure » « Expliquez moi ce qui c’est passé » je lui demande. « J’ai été dans une chasse organisée, il y avait un beau lâcher de gibier avec plusieurs chiens, plusieurs chasseurs et pour ne pas la perdre je lui mets un grelot. On va à la chasse, les gens ont lâché leurs chiens. Ceux qui avaient 4-5 ans analysaient la situation sans problème, mais la petite Emue courait dans tous les sens, paumée. » Elle l’était d’autant plus que c’était la 1ere fois qu’on lui mettait un grelot quand même, du fait qu’il y avait plein de monde, plein de chiens, dans un endroit qu’elle n’était pas habituée à chasser … A un moment donné, dans ces cas-là – les lâchers de gibier – les gens tombent sur le gibier dans la 1ere heure, il y a de l’animation. Il y a des gens qui crient dans tous les sens évidemment, ça n’arrange rien au problème. Une pétarade, 2 pétarades, 3 pétarades, la petite Emue  n’était pas dans le circuit, elle était déjà un peu déstabilisée par le grelot, par les cris des gens et elle a pris peur des coups de fusil.

La personne m’explique tout ça et me demande : « Mr Morin, qu’est ce que vous en pensez ? » Je lui dis : « Vous avez fait fort, vous avez fait au moins 4 grosses erreurs ! » « Ah, bon. » « D’abord vous la mettez dans un endroit qu’elle ne connait pas et dans un endroit où elle est appelée à entendre au moins 50 coups de fusil en une heure. Déjà là vous avez fait fort. Ensuite plein de chiens, plein de gens qui eux crient sur leurs chiens évidemment, énervés, 2e erreur. Ensuite 3e erreur : la chienne, vous lui mettez un grelot, elle ne connait pas ce que c’est qu’un grelot ! et 4e erreur, vous ne vous êtes pas écarté. Il aurait fallu que vous vous mettiez à 1 km ou 2, de ne pas profiter de la volaille qui a été mise pour faire de la pétarade. Moi, ça ne m’étonne pas vraiment qu’elle ait associé les coups de feu aux hurlements des gens qui semblaient en colère. Dans ce cas-là, il y aurait eu beaucoup de chiens qui auraient été susceptibles d’avoir eu peur. A la limite, si vous ne lui aviez pas mis le grelot, peut-être qu’elle aurait résisté. Mais tout ceci est une question de dosage et d’appréciation. C’est un peu comme une personne qui travaille, qui a une motivation pour travailler. D’abord si elle n’est pas en forme physiquement, elle va moins bien travailler. En plus si elle a des contrariétés psychologiques , elle ne va pas être dans son assiette, elle va être à 20% de ses capacités. A un moment donné, elle aura un ultimatum assez important qui va se présenter devant elle et boum, elle ne pourra pas faire face parce que certains jours elle est meilleure que d’autres. Et le problème est que cette petite chienne-là qui était gonflée à 80% de ses moyens, vous l’aviez entrainée et elle était déclarée, et bien la cloche moitié, 40 % de ses moyens au lieu de 80, vous la faites descendre. Après, le fait qu’il y ait plein de monde dans tous les sens, vous la faites descendre à 25 % de ses moyens. Le fait qu’il y ait plein de chiens et qu’elle ne soit pas dans le circuit parce qu’automatiquement ce sont des chiens de 4-5 ans, même si ce sont des chiens moyens, ils vont être connectés sur le terrain alors qu’à la limite le gibier elle ne le voit pas ou de loin, il y a des explications entre les chiens pas commodes. De ce fait avant de commencer, vous l’avez fait descendre de 80% à 10% de ses moyens. Quand un chien est à 10% de ses moyens, il est fragile. il a été perturbé par le coup de feu, boum.

Imaginez que le chien soit gonflé à 90-95% comme un fou, comme un cheval emballé, tout ce qui se passe autour de lui, il s’en fiche un peu, il est sur son circuit d’opération, il n’a qu’une idée, c’est sa passion, il est sur une piste de faisans ou de perdrix rouges, il est fou.de motivation C’est comme si vous aviez une conversation qui vous passionne avec quelqu’un et une tierce personne vous interpelle à ce moment-là. La tierce personne, vous ne l’entendez pas.

Comparativement à ça, si vous arrivez dans un endroit que vous ne connaissez pas, vous êtes un peu inquiet, à un certain moment quelqu’un vous interpelle, vous sursautez. Il faut partir de ce principe-là. Tout ceci est une question de dosage et d’appréciation.

En résumé, pour vous dire, les chiens qui ont le plus de chance ce sont les chiens qui tombent sur un maître qui essaie de se mettre à leur place.

 

Morin Patrick


Réalisé avec Plone