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Les conditions atmosphériques

Les conditions atmosphériques ont une importance primordiale dans le comportement des chiens et du gibier.

D'abord la pluie

L'impact est réel tout d'abord lorsque il pleut, surtout dans l’état actuel des choses avec des chasses qui sont organisées avec du gibier lâché. Ce ne sont pas vraiment les chiens qui sont gênés mais le gibier lâché n’arrive pas à s’abriter. Il se mouille et le gibier qui a les plumes mouillées a pour conséquence de donner un effet olfactif au chien d’un comportement naturel d’un gibier qui a été blessé et qui se traîne dans la végétation blessé. 

Le chien qui sent que le gibier est mouillé, même s’il n’a pas été tiré, sait qu’il peut l’attraper, il va avoir ses facultés d’instinct de rapport qui vont se déclencher et de ce fait il y a un déséquilibre qui va se produire, qui ne se produirait jamais sur gibier sec , il va avoir tendance à bourrer. Et le chien qui a rattrapé 3, 4 ou 5 pièces lorsqu’il pleut et qui ont été mouillées aura du mal à être patient parce qu’il va avoir un intérêt au rapport sachant qu’il va pouvoir rapporter le gibier sans que celui-ci soit tiré.

Et puis le vent

J’ai organisé des chasses à la journée pendant une quinzaine d’années au milieu d’un bois et j’avais fait des cultures à gibier et avant que les chasseurs passent, je lâchais du gibier pour qu’il soit au milieu des champs, je les plaçais ainsi et cela avait pour conséquence d’avoir plus de facilité pour retenir le gibier dans les  cultures et faire des arrêts dans les champs. Le gros problème était les jours où il y avait du vent. 

Le gibier que j’avais placé dans les cultures était dérangé par le vent et se déplaçait, bougeait et courait, donc automatiquement ça se passait toujours moins bien et les chiens qui étaient lâchés avaient beaucoup de mal a arrêter. De ce fait ils s’énervaient beaucoup plus, ils étaient poussés à la faute en courant pour essayer de bloquer le gibier qui se défilait et les chiens faisaient voler le gibier beaucoup plus facilement quand il y avait du grand vent.

Un  chien  c’est  comme  un  joueur  de  foot  ,quand  il  comme  mal  il se  vexe  et  perd  confiance  et  enchaine  les  fautes. Au contraire, quand  il  commence  bien  il  fait  un  festival. Encore  une  fois  il  faut  essayer de les  comprendre et  vous les  ferez  progresser.

Dressage_mai98.jpg

J’ai fait des compétitions de travail régionales, nationales et internationales et mon pied à terre de terrain d’entrainement était en Beauce, en Eure et Loir à proximité du terrain d’aviation de Chateaudun, sur la route d’Orléans. J’entrainais toute la journée et je remarquais au fil du temps qui passe que les chiens n’avaient pas les mêmes conditions de travail selon les conditions atmosphériques dans la même journée. Il y a des chiens qui avaient plus de chance que d’autres et cela était très important. S’il y avait un nuage qui passait, le ciel s’assombrissait, le vent se levait et quand il y avait du vent qui se levait et éventuellement une petite pluie (mais ce n’est pas la pluie qui apportait les problèmes les plus importants, mais surtout le vent), le gibier avait beaucoup plus de difficultés à se laisser approcher et lorsque le nuage était passé sur ce même terrain, je pouvais revenir deux ou trois heures après si les perdreaux étaient revenus ou dans le champ à côté, ces perdreaux sauvages se laissaient approcher à l’arrêt à 10 ou 15 mètres à l’avantage d’une éclaircie, un rayon de soleil et le vent qui tombait.

 

Le métronome

Dans les années 82-83, j’avais une petite chienne, on l’appelait « le râteau ». Elle était extraordinaire, c’était un métronome. A la limite elle manquait un peu d’entreprise, mais elle râtissait son terrain, elle ne loupait rien, c’était un phénomène, elle se classait à chaque fois. Ce n’était pas une chienne qui faisait des CAC à chaque fois bien qu’elle ait été championne de travail et 4e au championnat de France. C’était vraiment une chienne de chasse idéale. 

Patronne de Keranlouan - 1984 (CH T,GT)

La scène se passe un jour où il y avait du brouillard. C’était en gibier tiré dans les betteraves. Je vois le juge, Mr Fagé, un juge relativement sévère, assez arrêté sur les règlements et il fait passer un chien, chien éliminé. Je pensais qu’on allait aller dans un autre champ. Il fait passer un 2e chien, le chien est éliminé. Il fait passer un 3e chien au même endroit, éliminé. Et là, je pense qu’il m’a fait une petite faveur parce que je passais en 4e position. Il m’a dit (peut-être qu’il l’avait dit aux autres, je ne sais pas) : « dans le parcours il y a 3 chiens qui sont passés, il y a une poule faisane dans le champ qui a été posée. Les 3 chiens sont passés et n’ont pas senti cette poule faisane. T’es prévenu, un homme averti en vaut deux » . 

Donc je pars avec mon phénomène, un petit bijou, Pipe de Keranlouan. 

Je pars 2, 3, 4, 5 lacets et  à un moment donné elle arrive près de  l'endroit  ou  était  la  poule  faisane. Je vois les juges rester un peu en retrait et moi j’avance, j’avance, je continue. Le coup de trompe, ça veut dire arrêt du parcours ou élimination du chien. Je reviens vers le juge. Il me dit « t’as laissé un faisan ». Je réponds « ça peut arriver mais je trouve extrêmement étonnant que ce petit phénomène me laisse du gibier derrière ». j’ai demandé à voir pourquoi j’étais éliminé, il n’y a pas envol d’oiseau. Le juge m’a amené à proximité immédiate de l’oiseau et j’ai vu l’oiseau par terre,  qui était caché près d’une repousse de betteraves et alors j’ai été mis devant le fait accompli. J’avais du mal à croire mais , j’avais vu. Je méritais d’être éliminé,  Il y avait 3 chiens qui auparavant s’étaient faits éliminer par cette poule faisane, c’est qu’il y avait quelque chose. 

C’était pas pour classer les chiens qu’il avait fait courir  les chiens à cet endroit-là mais pour les éliminer. Il y avait un problème. Ce jour-là il y avait du brouillard et en ce qui concerne les qualités olfactives des chiens il est préférable qu’il pleuve plutôt que d’avoir du brouillard. Quand il y a du brouillard, d’une part les oiseaux ne bougent pas, ne laissent pas trainer d’émanations sur le sol et ensuite les gouttelettes d’eau qui sont en suspension dans l’air et sont à l’extrémité supérieure des feuilles de betteraves ou des feuilles d’herbes remplissent les narines des chiens en les  frottant  en  courant. Alors que quand il pleut, l’eau tombe à la base des feuilles, de l’herbe, donc le chien se met moins d’eau dans les narines que lorsqu’il y a du brouillard ou  de la  rosée .

Vents d'ouest

Quand vous chassez la bécasse le jour où  il y a un vent d’est froid et sec, les bécasses ne tiennent pas. Le jour où il y a un vent plus doux d’ouest, les bécasses tiennent 10 fois plus.

Lorsque vous avez les bonnes conditions atmosphériques et le bon biotope, à ce moment-là, vous avez toutes les chances de réussir à faire  arrêter  votre  chien !!!

 

Patrick Morin


Réalisé avec Plone