Outils personnels
Vous êtes ici : Accueil Blog Quel est LE COMMANDEMENT DE BASE DU DRESSAGE ?
Actions sur le document

Quel est LE COMMANDEMENT DE BASE DU DRESSAGE ?

La réponse est qu’il n’y en a pas !

Une question de dosage

La base du dressage est la connexion et l’intérêt que porte le chien pour ce qu’on veut lui faire faire. Donc automatiquement, c’est la connexion. Le dressage trop poussé a pour conséquence de dépersonnaliser l’animal. Tout est une question de dosage et d’appréciation.

Le rappel  ne  sert pas  à  faire  revenir  le  chien mais à attirer son attention. Si on dresse trop un chien, c’est au détriment de son initiative et de son opportunité. Si on lui laisse l’initiative, au fil du temps qui passe le dressage accompli s’efface. Donc il faut faire un affûtage du dressage régulièrement pour garder un certain impact de connexion sur le chien. Il faut conditionner le chien à vouloir vous obéir et non pas le forcer à le faire. En agissant de cette façon-là vous allez arriver à une étape beaucoup plus importante et votre chien sera donc gai et pétillant et il y aura un courant très fort qui passera entre vous et le chien.

Pour arriver à ce résultat-là il y a 3 éléments fondamentaux :

Exploiter l'instinct

 1°) d’abord l’instinct de course à la poursuite. Il faut utiliser l’élément de base le plus important et le faire ressortir à fleur de peau du chien. La qualité naturelle de base la plus importante est la course à la poursuite.

Si vous avez 2 chiens qui sont dans un grand champ et qui se regardent l’un l’autre à  100 m l’un de  l’autre. Ils sont à l’arrêt d’une façon interrogative. A un moment donné, au bout de 3 mn, ils veulent se voir d’un peu plus près. Imaginons que les chiens courent chacun 40 m l’un vers l’autre et s’arrêtent au même moment. Ils sont alors à 20 m l’un de l’autre et ce sera un arrêt interrogateur c’est sûr mais peut-être un arrêt d’intrigue aussi , comme ils sont prêts l’un de l’autre, ils se méfient de ce qu’il va se passer, ils ne connaissent pas la réaction de l’autre. A un certain moment, imaginez qu’une mouche qui se promène dans l’air se pose sur la narine gauche du chien de gauche. Celui-ci va bouger la tête. Le chien de droite va avoir peur du mouvement effectué par l’autre chien. Celui de droite va courir de peur. Le chien de gauche va courir après celui de droite. Si la mouche qui volait, au lieu de se poser sur la narine gauche du chien de gauche s’était posée sur la narine droite du chien de droite, c’est celui-ci qui va bouger la tête, qui va faire peur au chien de gauche qui va partir et celui de droite va courir après lui. C’est toujours de cette façon-là que réagissent tous les animaux de la terre, même les hommes.

Donc pour le rappel, quand vous faites venir à vous un petit chien, que vous lui faites face, qu’il est très familier, qu’il aime les caresses, il va venir face à vous se blottir contre vous pour que vous le caressiez 2 fois, 3 fois, 4 fois, 5 fois. Il aura remarqué que quand vous l’appelez, que vous lui faites face, c’est souvent après la promenade qui dure généralement le même  lapse  de temps. Vous ne le sortez pas forcément au même endroit mais quand vous arrêtez votre véhicule, vous allez faire votre tour avec le chien et vous allez revenir au même endroit parce qu’il y aura votre voiture et le chien va se rendre compte qu’à proximité du véhicule en rentrant quand vous lui faites face en l’appelant c’est pour le prendre en laisse et le rentrer dans la voiture, donc l’enfermer.

Par contre, si vous utilisez l’instinct de course à la poursuite, c’est-à-dire lorsque vous rentrez d’une promenade de 10 à 15 mn, lorsque vous approchez de la voiture, vous faites mine d’aller dans un autre champ en vous déplaçant. Vous utilisez l’instinct de la course à la poursuite. Le chien va vous voir vous déplacer. Vous étiez dans un pré, vous allez dans un bois ou vous êtes dans un champ et vous passez le talus, le chien va automatiquement venir vers vous parce qu’il va vouloir se promener dans l’autre champ ou l’autre bosquet dans lequel vous avez pénétré. Automatiquement le chien sera beaucoup plus facile à faire venir vers vous.

Lorsque vous l’appelez et que vous partez, ce sera un rappel puissance 10 plutôt que quand vous l’appelez et lui faites face.

Démarrer progressivement

2°) Le 2e élément fondamental, c’est, quand vous promenez votre chien dans une zone dépourvue d’obstacles naturels. Le chien, quand vous le promenez dans une telle situation, dans les chemins, les allées pare-feu, les routes empierrées ou autres, dans des couloirs ou des champs vides, lorsque vous démarrez votre chasse pendant 10 à 15 mn, votre chien est un peu fou. Si vous lâchez votre chien à découvert, il va courir sans réfléchir, il fera comme un cheval emballé, vous allez l’appeler parce qu’il va trop loin. A la limite, ça va l’agacer et ça ne va pas dans le sens du conditionnement à l’obéissance. Par contre si vous démarrez votre journée de chasse dans des endroits relativement serrés, dans des prairies d’herbes hautes ou dans des bois, le chien se calera naturellement à vous et si vous utilisez l’instinct de course à la poursuite le chien reviendra à vous facilement sans que vous l’appeliez. Au bout d’1/2 heure vous pourrez passer dans un champ relativement nu et il y aura plus de facilité parce qu’il aura lâché son venin avant d’arriver dans ce champ.

Le problème, chaque fois que vous revenez dans une zone dépourvue de végétation, quand vous arrivez à votre voiture qui est garée dans un chemin empierré ou près d’une allée pare-feu, quand le chien est relativement jeune il est intéressant de le mettre en laisse.

Il y a un monsieur qui m’a acheté un chien il y a 8-10 mois. Il a écouté mes conseils, il a sorti son chien sur un parcours de chasse pour que son chien se connecte à lui. Il avait garé son véhicule à proximité d’une route goudronnée mais 30-40 m dans une route empierrée à la naissance  d’une  allée  pare  feu. Il s’était détaché de la route goudronnée pour ne pas prendre de risque avec la circulation. C’était très bien. Une bonne précaution. Mais au retour  d’une  promenade quand le chien a vu la voiture dans cette zone dépourvue de végétation(la route empierrer) il a foncé directement vers le véhicule parce que  son  maitre lui donne à boire avant de le rentrer et quand il est arrivé à 8-10 m du véhicule il a vu un cycliste qui roulait sur la route goudronnée, à 30 m de la voiture, le chien a dépassé celle-ci qui était garée dans le cul de sac, il a continué pour suivre le cycliste et malheureusement lorsqu’il est entré sur la route goudronnée une voiture est arrivée, l’a percuté et l’a tué. Il faut faire très attention aux zones dépourvues d’obstacles naturels. Le chien court sans réfléchir surtout quand il est jeune.

Commander le frein 

3°) Le 3e élément fondamental qui va servir à augmenter votre puissance de commandement par 5 ou 10 c’est le commandement de frein.

Imaginez que vous soyez en bicyclette dans une descente et qu’en bas de cette descente il y a un stop. Il faudra s’arrêter. Qu’est-ce que vous faites avant de vous arrêter ? Vous freinez avec le frein arrière sur un temps relativement long (20 ou 30 secondes). Une fois que vous avez ralenti l’allure, près du stop, vous freinez avec le frein avant et votre bicyclette s’arrête. Si vous freinez avec le frein avant lorsque vous êtes à environ 25 km/h dans la descente, soit le câble casse, soit le vélo fait une pirouette sur lui-même et vous vous casser la figure.

En l’occurrence, 90 à 95 % des gens utilisent le frein avant systématiquement pour donner un commandement. C’est brutal. Si Le chien est terrorisé par le dressage. Soit il s’écrase et est dépersonnalisé, soit il fiche le camp et désobéit et  part  en  conflit.

Le commandement de frein est le commandement de « chut ». Vous dites « chut », vous videz vos poumons et dites par exemple : « assis ». A ce moment-là le mot « chut » est le commandement de frein arrière. Si vous faites régulièrement cet exercice – 3 à 4 fois par jour, 1 000 à 2 000 fois par an -, sans réfléchir vous attirerez son attention et alors c’est déjà 51 % d’obéissance. Les 49 autres % soit vous les utilisez avec l’instinct de la course à la poursuite après avoir attiré son attention, soit vous donnez un commandement (le commandement d’immobilité ou celui du rappel).

Imaginez que vous avez un chien qui passe à 30 m en travers devant vous à 30 km/h, plutôt que de donner un commandement d’immobilité avec le frein avant ou un commandement de rappel, système frein avant, vous utilisez le système « chut ». Instinctivement le chien va ralentir. De 30 km/h il va passer à 25, 20, 15 km/h. Vous rappellerez le chien après, au bout de quelques mètres. Il sera plus facile à faire obéir à 15 km/h qu’à 30. Pareil pour le commandement d’immobilité.

Si vous utilisez le commandement de frein avant lorsque le chien est à 30 km/h, soit vous aurez trop dressé le chien et il sera terrorisé par le dressage et s’aplatira, transi de peur, soit il vous désobéira. Si vous n’arrivez pas avec le commandement de frein  arrière à le faire stopper vous l’aurez ralenti et vous allez dans le sens de l’obéissance. En affûtant un peu plus le dressage vous arrivez à un résultat qui sera proche de la perfection.

L’affûtage  du  dressage

Imaginez que vous êtes un jeune boucher. Vous aimeriez bien gagner votre vie ainsi, vous êtes courageux. On vous met un étalage de viande à découper. Normalement vous mettez 1 heure à faire ce travail. Vous aiguisez  votre couteau avant  de  commencer. Au bout d’1 heure la viande est coupée, vous la mettez en sachet. Puis on vous met un autre étalage de viande à découper. Et vous demandez à ce qu’on vous mette plein d’autres étalages de viande à découper pour bien gagner votre vie. Le gros problème est que si vous n’aiguisez pas votre couteau entre 2 étalages, au bout de 3 ou 4 fois votre couteau ne coupera plus(même avant). Le très gros problème c’est qu’à 90 % les gens utilisent le commandement quand ils en ont besoin. Il ne faut pas l’utiliser quand on en a besoin sans  l’affûter avant. Tout le problème est là. C’est comme ça qu’on connecte un chien à l’obéissance : en le faisant obéir, en lui donnant des commandements quand on n’en a pas besoin, en absence de gibier, dans des endroits différents  en  zone  de  vigilance  verte.

Vous devez observer votre chien et être le plus discret possible. Plus vous donnez des commandements à votre chien, moins il obéira. Il faut que le commandement que vous utilisez serve non pas à faire obéir mais à attirer son attention. Après vous vous aidez des éléments naturels pour le faire venir. En l’occurrence quand vous appelez le chien, vous vous déplacez à droite, à gauche, l’air de dire « viens, on va par là ». Le chien viendra alors beaucoup plus facilement en lui disant ceci.

Ou alors si vous voulez l’immobiliser, vous le faites freiner avant l’immobilité. C’est une chose très importante, il faut joindre le geste à la parole et pour arriver à un certain moment à ce que le geste soit plus important que la parole. Le problème est au contraire que 90 % des gens utilisent leurs paroles et sont constamment en train de crier après leur chien. Plus ils crient, plus ils s’énervent, plus ils créent un conflit entre le chien et le maitre et plus c’est dérangeant pour tout le monde.

Patrick Morin

 

 

 

 

 


Réalisé avec Plone